Al-Sissi : L’Egypte est attachée à la paix et à la stabilité en Libye et à la protection de son territoire

Dr Nesrine Choucri Lundi 22 Juin 2020-11:23:59 Chronique et Analyse
Al-Sissi : L’Egypte est attachée à la paix et à la stabilité en Libye et à la protection de son territoire
Al-Sissi : L’Egypte est attachée à la paix et à la stabilité en Libye et à la protection de son territoire

Les yeux du monde entier sont braqués en direction de l’Egypte, précisément le gouvernorat de Matrouh où le Président Adel-Fattah Al-Sissi s’est adressé à l’Armée égyptienne et où différents courants et représentants du peuple Libyen étaient présents. Comme d’habitude, le chef de l’Etat a pris en considération - dans son discours- les intérêts de l’Egypte et ceux des pays voisins. Fort conscient du rôle axial de l’Egypte dans la région du Moyen-Orient, dans le monde arabe et en Afrique, Al-Sissi a rappelé à tout bon entendeur que l’Egypte est l’emblème de la force douce dans la région. Jamais assaillante, elle sait pourtant se défendre, protéger sa souveraineté, ses frontières et ses intérêts. Le Raïs a rappelé à quel point l’Egypte n’a jamais oublié son devoir envers ses frères arabes les soutenant face aux ingérences étrangères et faisant constamment triompher leurs intérêts ainsi que leurs droits.

 

 

 

Ecrans et caméras du monde entier ont mis l’accent sur les déclarations du président Abdel-Fattah Al-Sissi à la zone militaire occidentale, à Sidi Barani au gouvernorat de Matrouh. Les messages étaient nombreux, mais surtout, ils étaient courts, directs et clairs. Al-Sissi a souligné tout au long de son discours que face à l’instabilité et aux troubles qui sévissent dans la région et face aux ingérences étrangères illégitimes et à la propagation des milices terroristes, l’Armée égyptienne est prête. Le Chef de l’Etat a rappelé que l’Egypte a- pendant presque une décennie- mis en garde contre la gravité de la crise libyenne. Ainsi, l’Egypte poursuit les efforts visant à instaurer la paix et la stabilité en Libye, d’autant plus que la sécurité de celle-ci est une partie indissociable de sa propre sécurité.

En présence du commandant en chef des forces armées, du chef d’état-major des forces armées et des chefs des principales branches de l'armée ainsi que des représentants des tribus libyennes, le président Abdel-Fattah Al-Sissi a fait des déclarations qui vont demeurer gravées dans les annales de l’histoire, vu leur importance à une phase délicate de l’histoire de la région :

« Je me tiens à vos côtés aujourd’hui appréciant et valorisant vos efforts continus dans la protection et la sauvegarde du portail ouest de notre sécurité nationale et qui représente un prolongement et une partie indissociable de la sécurité de notre nation arabe et de nos frères dans le voisinage. La haute préparation au combat est une source de fierté aussi bien pour moi que pour le grand peuple égyptien vu la performance de nos Forces Armées, sachant qu’elles possèdent un système d’armement et d’équipement développés, les rendant aptes à remplir toute mission pour sécuriser et sauvegarder le pays, son peuple et sa terre face à n’importe quels défis ou menaces visant la sécurité et la stabilité de la patrie via ses frontières terrestres, maritimes, aériennes ou encore son espace aérien.

La préparation des Forces Armées est devenue nécessaire, voire inévitable à la lumière de cet état d’instabilité et de trouble sévissant dans notre région. Un état qui ne favorise point les efforts de stabilité, de sécurité et de coopération indispensables aux aspirations de développement et de construction à l’abri des conflits qui ont sapé les vies des peuples et qui permettent les ingérences étrangères illégitimes. Il s’agit d’ingérences illégitimes portant préjudice à la paix durable, s’emparant des ressources des peuples, et contribuant à la propagation des milices terroristes armées qui visent à diffuser des idées extrémistes et qui alimentent la violence et les fléaux transfrontaliers comme l’immigration clandestine, le crime organisé avec ses différentes dimensions dont la contrebande d’arme, la drogue et la traite des êtres humains.

La crise libyenne sur nos frontières est témoin de cette situation contre laquelle l’Egypte a cherché pendant près d’une décennie à mettre en garde. Depuis le début et jusqu’à l’heure actuelle, l’Egypte a veillé à soutenir les efforts pour parvenir à un règlement durable et au retour rapide de la sécurité et de la stabilité en Libye, étant donné qu’elles sont indissociables de celles de l’Egypte.

L’Egypte a adopté depuis le début une position stratégique fixe visant à trouver un règlement définitif garantissant la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale de la Libye et réinstaurant au plus vite les institutions nationale de l’Etat libyen et en leur donnant la capacité d’éradiquer le terrorisme, d’empêcher la propagation des bandes criminelles, des milices extrémistes armées et de mettre fin aux ingérences étrangères illégitimes qui contribuent à la détérioration de la situation sécuritaire non seulement en Libye, mais dans les pays du voisinage. Car ces ingérences alimentent les foyers terroristes dans la région. L’Egypte a également veillé à préserver les ressources libyennes, à empêcher les groupes terroristes de s’en emparer et à donner l’opportunité à toutes les composantes de la société libyenne de déterminer l’avenir de leur Etat et de gérer leurs ressources.

En se basant sur ces principes stratégiques, les actions de l’Egypte au cours des dernières années se sont axées sur nombre de volets dont les plus importants :

L’appui et le respect de tous les efforts et des résolutions du Conseil de sécurité, la coopération complète avec les représentants du secrétaire général des Nations Unies et avec les missions onusiennes en Libye.

Etant donné les relations historiques et les liens éternels entre les peuples égyptien et libyen, des liens géographiques et stratégiques qu’aucune ingérence étrangère ne peut affecter, l’Egypte a parrainé d’innombrables réunions entre les différentes composantes du peuple libyen au Caire et ce dans le cadre des efforts visant à parvenir à un règlement durable en Libye, un règlement qui va de pair avec les choix des Frères libyens et qui unifie leurs institutions nationales, notamment militaires à l’abri des milices armées, et d’éléments, de groupes ou de pays ne souhaitant pas le bien pour les Libyens et qui adoptent les projets de parties qui ne souhaitent pas la stabilité à notre région. Ces parties œuvrent à réaliser leurs propres objectifs en violant la souveraineté d’un pays arabe, du droit international et des résolutions internationales. Elles ont déplacé des combattants terroristes, et les ont propagés en vue d’alimenter les foyers terroristes et pour construire de nouveaux abris pour la violence et le terrorisme dans la région, menaçant ainsi la paix et la sécurité régionales et internationales.

S’ajoute à cela l’appui actif de l’Egypte à toutes les initiatives régionales et internationales visant à régler politiquement et durablement la crise libyenne, initiatives qui ont commencé par les réunions d’Abou Dhabi, Paris, Palerme, Moscou et enfin la conférence de Berlin. L’Egypte était constamment présente et soutenait les efforts de paix.

L’Egypte s’est alignée sur les efforts des pays du voisinage qu’ils soient arabes comme la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, ou via les comités africains de haut niveau, ainsi que dans les instances internationales et régionales avec en tête la Ligue arabe et l’Union européenne.

Dans ce contexte, et avec les récentes évolutions et les dangers pour l’avenir de la Libye par les milices armées avec l’appui de forces externes, et les menaces pour les ressources nationales libyennes, mais aussi pour les pays du voisinage et pour le continent européen, ainsi que pour la paix et la sécurité internationales est née la Déclaration du Caire inter-libyenne et qui est venue en accord avec toutes les résolutions, les initiatives internationales, notamment les efforts onusiens, et la conférence de Berlin. Elle vise en premier lieu à réaliser la volonté et les aspirations de toutes les composantes du peuple libyen, à déterminer l’avenir de l’Etat et à gérer ses ressources de manière à réaliser les intérêts des Libyens. De même, elle cherche à tracer une feuille de route pour le retour rapide des institutions nationales de l’Etat libyen en vue de frayer la voie à la paix et à la sécurité par un cessez-le-feu entre les différentes parties. Outre le retrait des forces étrangères, leur armement et leurs mercenaires du territoire libyen tout en démentelant les milices armées, elle met en place un volet sécuritaire militaire (5+5).

En dépit de l’appui des forces libyennes modérées, et des parties régionales et internationales, les forces externes, les milices extrémistes et les mercenaires ont contrôlé l’une des parties impliquées dans le conflit et n’ont pas permis la mise en vigueur du cessez-le-feu. Ainsi, les résolutions internationales ont été continuellement violées, il en est de même pour la souveraineté de l’Etat libyen. Cela est dû au transfert d’armes et de mercenaires, tout en adressant des messages agressifs aux pays du voisinage. C’est ce qui a été enregistré dans des rapports onusiens et par des parties internationales observant les frontières libyennes.

Nul n’ignore que ces milices et ces mercenaires, agissent sur ordre des puissances externes. Les médias ont montré leur agression directe contre les ressources libyennes et leur avancement vers l’Est, pour menacer nos frontières Ouest et nos intérêts dans l’Est de la Méditerranée.

Nous sommes aujourd’hui face à une phase décisive qui demande notre coopération et notre solidarité, non seulement entre nous, mais aussi avec nos frères libyens et les forces amies pour protéger et défendre notre pays et notre peuple contre l’agression menée par des milices armées terroristes et des mercenaires appuyés par des puissances qui dépendant de la force militaire pour réaliser leurs ambitions expansionnistes au grand dam de la sécurité nationale arabe et de la souveraineté de nos pays et ce au su et au vu de la communauté internationale qui ne dispose pas jusque-là de la volonté politique pour arrêter ces agressions.

Toute intervention directe de la part de l’Etat égyptien est désormais dotée d’une légitimité internationale que ce soit dans le cadre de la charte des Nations Unies (le droit d’auto-défense) ou en vertu de l’unique autorité légitime et élue par le peuple libyen (le Parlement libyen). Dans ce cas, les objectifs seront les suivants :

Premièrement : La sauvegarde et la sécurisation des frontières ouest de l’Etat (avec sa profondeur stratégique) contre les menaces des milices terroristes et des mercenaires.

Deuxièmement : L’instauration rapide de la sécurité et de la stabilité sur la scène libyenne, étant donné qu’elles font partie indissociable de celles de l’Egypte et de la sécurité nationale arabe.

Troisièmement : Arrêter l’effusion de sang des frères libyens à l’Est et à l’Ouest en vue de créer une ambiance propice à la mise en vigueur d’un cessez-le-feu.

Quatrièmement : Un cessez-le-feu immédiat.

Cinquièmement : Lancer les négociations pour un règlement politique durable sous le parrainage des Nations Unies et en vertu de la conférence de Berlin et de la Déclaration du Caire. »

Au terme de ses déclarations, le Chef de l’Etat a assuré que l’Egypte continue à œuvrer pour la paix, en vertu des résolutions internationales et qu’elle cherche à instaurer la stabilité et la sécurité dans la région. 

 

Vives réactions libyennes alignées sur la position de l’Egypte

Le représentant des tribus libyennes à Al-Sissi : Nous vous demandons de protéger notre pays :

Le représentant des tribus libyennes a assuré au Président Abdel-Fattah Al-Sissi : « Les tribus valorisent les efforts de l’Etat égyptien- peuple et direction- pour leur appui illimité », indiquant que l’occupation est une cause du retard de l’Etat libyen.

Il a ajouté, dans son allocution devant le Président Abdel-Fattah Al-Sissi, que l’agression contre la main-d’œuvre égyptienne dans la ville de Tarhouna ne représente pas le peuple libyen, exhortant les institutions internationales de s’aligner sur le peuple libyen contre les ingérences étrangères.

Il a renchéri que l’Etat libyen a une souveraineté et qu’il ne peut tolérer l’ingérence de quiconque pour s’emparer de ses richesses.

S’adressant au Président Al-Sissi, il a dit : « Nous vous demandons de sauvegarder et de protéger les richesses du peuple libyen ».

 

Le Parlement libyen : Le rôle de l’Egypte vise à mettre fin au conflit et à préserver la sécurité nationale arabe

Le second adjoint du président du Parlement libyen M. Ahmed Houma a assuré que les déclarations du président Al-Sissi sont en parfaite harmonie avec la Déclaration du Caire visant à régler la crise libyenne tout en préservant la sécurité nationale arabe, d’après la chaîne télévisée libyenne. Et de rappeler que l’Egypte, étant un pays voisin, accorde un vif intérêt à un règlement définitif pour sortir de la crise actuelle.

Plusieurs d’autres députés libyens ont annoncé leur appui au discours d’Al-Sissi dont Fathi Al-Marimi, conseiller du président du Parlement libyen, qui a assuré dans des déclarations à la chaîne RT que le Parlement libyen appuie l’initiative du Président Al-Sissi. Il a également salué le fait que le Chef de l’Etat a assuré que Syrte et les champs de pétrole sont une ligne rouge à ne pas franchir.

 

Le coordinateur des tribus égypto-libyennes : Toute solution à la crise libyenne doit passer par l’Egypte

M.Adel Al-Faydi, président de la Commission sociale égypto-libyenne, a affirmé qu’il n’est pas nouveau que l’Egypte appuie ses frères arabes, ajoutant que le Président Al-Sissi a adressé des messages clairs et francs que ce soit à la communauté internationale ou aux pays parrainant le terrorisme. Il a renchéri : « Toute solution à la crise libyenne doit passer par le portail de l’Egypte ». L’Egypte joue un rôle important et déploie des efforts considérables en vue de mettre un terme à la crise libyenne. 

 

Le conseil municipal de Syrte soutient l'ANL et la Déclaration du Caire

Le conseil municipal de Syrte a annoncé samedi, son soutien à l'Armée nationale libyenne (ANL) et à ses opérations militaires pour protéger la ville, ainsi qu'à la Déclaration du Caire lancée par le Président Abdel-Fattah Al-Sissi afin de parvenir à une solution pacifique à la crise libyenne, rapporte la MENA. Dans un communiqué publié après leur rencontre avec le directeur de la sécurité de Syrte, cité par la chaîne d'information « Al-Arabiya », les responsables du conseil ont souligné leur rejet des « déclarations provocatrices de la Turquie » concernant l'attaque de leur ville. Dans le même contexte, l'ANL a déployé des renforts à Syrte, afin de sécuriser la ville.

 

Le Mouvement populaire libyen : Nous demandons un appui égyptien direct pour mettre fin au chaos

Le Mouvement populaire libyen a réaffirmé sa position fixe depuis sa création laquelle est de demander un appui égyptien direct pour mettre fin au chaos et faire face aux milices extrémistes. Il a ajouté que l’allocution du Président Al-Sissi à Sidi Barani vient à un moment où ces milices manifestent leur hostilité à l’égard du peuple libyen et cherchent à s’emparer de ses richesses. Et de rappeler qu’Al-Sissi refuse toute ingérence étrangère dans les affaires du peuple libyen.

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